icones/haut.gif
icones/gauche.gif

.. Hors contexte ..

La Tour Eiffel de haut en bas

Assise à mon bureau, je ressens soudain une grande lassitude. Je voudrais rentrer chez moi, m’allonger dans l’herbe, courir dans les bois, ou même mieux : retourner à Lille, retrouver mes potes et le rythme des nuits qui ne se terminent jamais. Enfin... Il y a des jours, comme ça, où la nostalgie vous prend sans que vous sachiez bien pourquoi. On pourrait dire qu’aujourd’hui est un de ces jours... Je regarde autour de moi. Par la fenêtre, je peux distinguer le clocher d’une église que je ne parviens pas à identifier et qui s’élève au-dessus des feuilles roussies des arbres pour s’enfoncer dans le ciel gris. En me penchant un peu, je vois la Tour Eiffel qui se dresse fièrement, si haute que certains jours sa tête se perd dans les nuages. Mais pas aujourd’hui, non. Aujourd’hui, elle est simplement grise. De haut en bas. Dans deux heures, elle s’allumera, et clignotera régulièrement après chaque tour de cadran. Les projecteurs fendront le ciel, à la recherche d’un improbable ennemi. Mais pour le moment, elle est juste là, grise. Je ne suis jamais montée tout en haut de la Tour Eiffel. J’ai habité 20 ans à côté, et j’y suis allée pour la première et dernière fois quand j’avais 7 ans. C’est fou ce qu’on oublie de faire, parfois ! Je devine les ascenseurs qui montent et qui descendent. Il doit y avoir une vue incroyable, d’en haut. Combien y a-t-il de marches ? J’aimerais tant pouvoir me souvenir d’une sortie avec mes parents, où on les aurait comptées, ces marches ; où l’on aurait fait des pieds de nez à Quasimodo depuis le parvis de Notre-Dame ; où l’on aurait déjeuné d’un hamburger sur un banc du Jardin du Luxembourg, avant d’aller jouer à Indiana Jones dans les Catacombes et de s’émerveiller devant la Joconde... On ne revient pas sur des souvenirs qu’on n’a pas...